
Nous allons sur cette page donner une explication très
sommaire d'un fonctionnement d'un modèle. Cette page n'a pas pour but
de voux expliquer en détails le fonctionnement d'un modèle météo
ou de vous amener à creer votre propre modèle mais tout simplement
de donner les fondements et la base d'un modèle physique.
L'exposé ci dessous reste très léger vis à vis de
la complexité du développement et la mise en oeuvre d'un modèle,
il en va que les quelques lignes ne pourraient être representatives d'un
travail approfondi d'un modélisateur. Je me suis basé ici sur
des cours d'analyse numérique et d'un projet de modélisation sur
le vent lors de mon cursus universitaire. Si un professionnel passe sur cette
page et qu'il veut apporter sa participation, elle sera la bienvenue et peut
nous contacter (rubrique "nous écrire").
I. Introduction
Un modèle météorologique est une representation numérisée
de l'atmosphère et de ses propriétés. Pour réaliser
une telle simulation, on se base sur les équations de Navier-Stockes
, c'est à dire les équations de la mécanique des fluides.
Les équations de la mécanique utilisées sont:
-L'équation de la quantité de mouvement
-L'équation de la continuité
-L'équation de la thermodynamique
-La loi des gaz parfaits
Sans rentrer dans le formalisme mathématique des équations, l'équation
de la quantité de mouvement est basée sur la deuxième loi
de Newton c'est à dire que la somme des forces agissant sur une particule
est égale à la masse par une accéleration. L'équation
de la continuité stipule que la masse d'air dans un volume fermé
reste constante au cours du mouvement de ce volume. L'équation de la
thermodynamique exprime qu'au cours du mouvement d'une particule, la somme de
la chaleur et de travail reçu par cette particule sert à augmenter
son énergie interne. Enfin la loi des gaz parfaits permet de relier pression,
température et volume.
La plupart de ces équations sont des équations aux dérivées
partielles, elles ne possèdent pas de solutions analytiques mais par
discrétisation, on arrive à trouver des solutions, ici c'est une
discrétisation numérique.
II. Le modèle
Comme nos équations sont discrétisées, cela permet de les numériser en vue d'une représentation sur ordinateur. Or, ces équations sont dépendantes du temps et de l'espace, il est important de constituer "un repère" sur lesquelles elles vont s'appliquer. Nous n'aborderons pas l'assimilation des données dans les modèles (ce n'est pas mon domaine et cela est très compliqué), juste savoir que le but est d'entrer simultanément dans le modèle toutes les observations éffectuées par les stations, les navires ,les radiosondages ect...II.1. Base du modèle: le maillage
Nous avons abordé dans le paragraphe précédent, une très
légère esquisse de l'assimilation. Notre modèle a besoin
de données pour effectuer les opérations qui vont s'effectuer
sur ce que l'on appelle le maillage ou la grille de calcul.
Comme son nom l'indique c'est une grille qui peut-être de dimension deux
ou trois auquel on rajoute la variable temps. Généralement en
météorologie, on travaille sur des grilles en quatres dimensions
puisque nous avons deux variables x et y dans le plan horizontal, une variable
z suivant la verticale et la variable temps t. Ci dessous, voici une grille
(nous nous limiterons à une grille 2D) carrée construite à partir
des coordonnées lambert2 généralisées.


Il faut, bien entendu, adapter notre maille au problème. Il faut bien
choisir le nombre de stations qui vont alimenter le modèle (dans le cas
ou l'on veut représenter un paramètre météo) et
reparties de manière équitable, ensuite adapter le pas d'espace
(on pourra toujours le changer une fois notre problème résolu)
et essayer de construire une grille carrée.
Il vient alors la procédure de calcul, c'est à ce moment que la
résolution des équations intervient.
II.2 Le schéma numérique
Donc nous partons de nos stations disposées en des points précis
de la maille, nous avons alors à chaque station donc au point Psi,j (point
station au point i,j) une valeur du paramètre étudié. Il
faut alors ensuite calculer pour chaque point de la maille une valeur du paramètre.
Pour ce faire, on applique un procédé mathématiquee: "l'interpolation".
Sans rentrer dans toute les méthodes d'interpolation, cela consiste par
un calcul d'approximation de calculer de proche en proche les valeurs du paramètre
en chaque point de la maille.
En météo, on utilise la méthode de type Krieging ou curvature.
Vous pouvez voir le résultat d'un tel calcul dans la rubrique pluviométrie
de MeteoSudEst.
Une fois que le calcul est fini, on obtient alors en chaque point de la maille,
une valeur du paramètre et c'est à partir de ce moment que l'on
rentre les équations qui vont permettre d'aboutir à la solution
du problème.
On part de l'équation qui nous intéresse et on discrétise
cette dernière sur notre maille de calcul: On construit ce que l'on appele:
Un schéma numérique
Un tel schéma est de la forme suivante:
Uj,n+1=Uj,n-K*(Uj+1,n-Uj-1,n)
U vitesse
K =v*k/2h v viscosité k pas de temps h pas d'espace
Ici nous avons pris l'exemple de l'équation prototype à une dimension
du mouvement (la dérivée temporelle de la vitesse est égale
au gradient de vitesse suivant x multiplié par la viscocité).
Mais ce n'est pas ce qui est important dans notre cas. Cela sert juste pour
l'exemple, on aurait pu prendre une autre équation.
Donc le schéma présenté est un schéma explicite
précis à l'ordre 1. (Nous reviendrons sur le terme explicite plus
bas).
Si on décrit notre schéma, U représente la vitesse, j la
composante suivant x et n le temps. La vitesse au point j et au temps t+1 est
égale à la vitesse au point j,n auquel on soustrait la différence
entre la vitesse au point x+1 et x-1, le temps étant constant.
Sur le schéma ci-dessous, nous avons representé une partie de
la grille de calcul avec nos points j et n avec en abscisse les x et en ordonnée
le temps. Pour passer de x à x+1, je me déplace d'un pas d'espace
h et pour passer de n à n+1, je me déplace d'un pas de temps k.

Un dernier point: Après avoir constitué tout notre modèle, il faut le programmer. Généralement on utilise le langage Fortran, bien adapté au calcul scientifique. On peut également utiliser des logiciels très performants, notamment Matlab de Mathwork. On peut évidemment programmer en visual basic ou C/C++ mais le temps de calcul (si on utilise du vb) sera plus long par rapport au fortran ou C/C++.
III.Quelques analyses.
On peut aisement voir la maille grace au champ de vitesse, en chaque point de
la maille, nous avons un vecteur vent. D'après les informations fournis
sur leur site, la maille est de 110km, c'est à dire que nous avons une
valeur de vent tout les 110km, ce qui correspond en gros à 1° de
latitude. On peut alors s'amuser à calculer la surface d'un carré
de la maille (si on suppose qu'elle est carré) ce qui donne une valeur
de 12100km².
Nous comparons ce modèle au modèle suisse ETA. Carte representant
l'analyse à 925hpa pour la température et le vent.
Ici, notre maille est de 22km (distance horizontale entre deux points). Si on
admet que cette maille est carrée (pour simplifier) la surface d'un carré
de la maille est 484km².
A noter que l'échelle de la carte géographique n'est pas la même sur les deux cartes.
On voit donc une nette différence entre les deux modèles et cela donne une importance
capitale lors de l'analyse.
En effet, lors de l'analyse, nous n'aurons pas les mêmes résultats,
avec de telles mailles, il est très difficile, voire utopique de faire
de la prévision fine (prévision à l'échelle d'une
ville), cela permet de dégager une tendance sur la région ou le
département mais pas au dela auquel il faut rajouter l'erreur de positionnement
des centres d'actions dus à la taille de la maille. Cela s'avère
encore plus difficile lors de phénomènes orageux avec une très
grosse incertitude sur la localisation des précipitations. En résumé,
il ne faut pas essayer de faire dire au modèle ce qu'il ne voit.
Enfin, pour finir, je voudrais prendre un exemple illustrant le problème abordé ci-dessus.
Le 1 décembre 2003, de fortes précipitations se sont produites sur le sud-est
de la France, le mauvais temps a perduré jusqu'au 5 décembre. A l'analyse des
cartes, nous avons pu voir apparaitre la limite d'un modèle a distinguer
les phénomènes à petite échelle donc du à
un problème de maille.
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A gauche, l'analyse de surface du 4 décembre 2003 à 00hUTC effectué
par le Met-Office et à droite l'analyse du modèle GFS du 4 décembre
2003 à 00hUTC.
La première carte est tracée grace au réseau de station
à travers le monde, l'ensemble des données issues des stations
permet ensuite de tracer front, isobare, c'est un travail effectué par
"l'homme". La deuxième carte est une d'analyse effectuée
à partir d'un modèle numérique, réception des données,
calculs et sortie de la carte, bien entendu ici le tracé va dépendre
de la maille du modèle. L'analyse de surface permet de voir un centre
dépressionnaire très creux sur le Golfe du Lion avec un minimum
dépressionnaire à 999hPa avec un front froid en Méditerranée
et un front chaud sur le Sud-Ouest du pays. La 1015 hPa vient frôler la
Sicile et la 1010 hPa se situe sur la péninsule ibérique. A l'analyse
du modèle GFS, (en se basant uniquement sur le champ de pression au sol,
matérialisé par les courbes blanches, les couleurs en fond représentent
le géopotentiel à 500hPa mais ici nous ne le traiterons pas).
On retrouve notre 1015 au niveau de la Sicile et sur le Golfe du Lion, nous
avons un Cut-off à 1010 hPa, la 1010 passe au large de la Corse et sur
la Sardaigne or, au centre du 1010, le minimum dépressionnaire n'apparait
pas!!. Ce n'est pas que le modèle est mauvais mais tout simplement que
la maille est trop grosse pour prendre en compte ce minimum qui circule sur
la Méditerranée, en d'autres termes, le minimum dépressionnaire
est passé a travers la maille du modèle GFS. Donc si je fais une
analyse uniquement avec le GFS, je vois que la Méditerrannée présente
des pressions inférieures à 1010hpa mais je ne sais pas qu'il
y a en realité, une dépression qui circule au large des côtes
provençales.
J'espère avoir éclairci (un tout petit peu) la notion d'un modèle
numérique mais le développement d'un modèle reste un gros
travail et ne se limite pas au simple exposé ci-dessus.